Dans la série « Guy Roux serait fier de moi »: Faut pas gâcher… le vert des blettes

Autant il y a des légumes qui sont de vrais plats de pauvres, comme les artichauts (« Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand t’as commencé ! »dixit Coluche), que y’en a d’autres qu’on dirait réservé aux riches, comme les petits pois ou les blettes. Quand tu vois le prix affiché au kilo, et ce qu’il te reste dans l’assiette une fois préparés et cuits, ça fait un peu mal au crapaud (NDLR: nom argotique d’un porte-monnaie. Pas mal vu, hein ?).

Du coup, en bonne rapiat (ou écolonomique, ça fait plus classe et in) que je suis, j’essaie de TOUT manger. Les cosses des petits pois, je sais qu’on peut en faire une espèce de velouté, mais alors ça ne m’inspire pas plus que ça.

Quant au vert des blettes (les feuilles des côtes de bettes si tu préfères), on le cuisine traditionnellement du côté calabrais de ma famille sous le nom de « minestra » (cherche pas, c’est du patois calabrais francisé en patois portenawakais…).

3226733170_97a784b1f1.jpgPhoto de arpent nourricier sur Flickr

En général, chez nous, on enlève le chat avant de manger les blettes

Et en plus d’être écolonomicobeaubiobobo, c’est vachement bon, et c’est un plat très rigolo que Crapouillette Ière accepte de manger car ça fait péter…

Bref. Après une descente vertigineuse dans ton estime eu égard à cette précédente remarque tout à fait inopportune dans un article culinaire (quoique…), voici cette fameuse recette qui non contente de te permettre de préparer deux plats pour le prix d’un, te fera un légume en plus à ajouter à la fameuse liste des 5 par jour tout en préparant un plat complet, rapide et facile.

Toutefois, si tu as des lapins végétariens à nourrir, tu t’en fous un peu car tu peux leur refiler toute cette verdure. Alors je ne te retiens pas d’aller baguenauder un peu plus loin dans ma Mare ! Mais si tu veux en savoir plus, reste, tu seras pas déçu.

4567813636_c8a0fdc3a5.jpgPhoto de josephsardin sur Flickr

Hu hu, trop méchante, la photo…

Alors alors, voici la recette de la « minestra ».

Après avoir séparé les feuilles des côtes (de blettes), tu les entortillonnes dans le sens de la longueur et tu les coupes en grandes lamelles aux ciseaux.

Tu les plonges dans de l’eau froide dans une grande gamelle (ça tient beaucoup de place quand c’est frais, mais tu verras, ça diminue genre 10 fois de volume, donc n’aie pas peur d’en mettre en grande quantité pour avoir assez à manger), tu mets le tout sur le feu (ou sur des plaques vitrocéramiques si tu as évolué depuis l’ère acheuléenne; mais moi, je préfère garder mon Homo Erectus au foyer… hé hé…) et tu attends sagement que ça bouille. Pendant ce temps (pas bouger, j’ai dit !!! Ho !!!), je vais vérifier la conjugaison au subjonctif du verbe bouillir.

[…]

Trop forte en conjugaison, la Crapaude…

Bref. Une fois que ça bout (merci Bescherelle…), tu attends environ 2-3 minutes que l’eau de cuisson soit devenue toute verte, et tu égouttes le tout (sinon, c’est amer). Tu replonges tout dans de l’eau propre, et tu remets à cuire. Après reprise de l’ébullition, compte environ 15 minutes pour que ce soit cuit.

Maintenant, tu peux agrémenter la minestra, avec des patates, des pâtes, des fayots blancs (en boite, ils sont déjà cuits, c’est moins long)… Là, il va te falloir procéder à de savants calculs scientifiques pour savoir à quel moment plonger ces différents ingrédients dans l’eau de cuisson pour que ce soit cuit en même temps sans être réduit en charpie.

En général, voici comment je m’organise.

Pendant que j’attends la reprise de l’ébullition, j’épluche les patates, que je coupe ensuite en gros tronçons. Je les plonge de suite dans la gamelle, en général, le timing est bon.

Puis 5 mn après, je rajoute une bonne poignée de grosses pâtes à gros trou (genre rigatoni, c’est mieux car le manger, et notamment les fayots, se met à l’intérieur et c’est cool…) qui cuisent en 11 mn environ. Là, j’enclenche le minuteur de combat pour arrêter la cuisson au bon moment pour avoir des pâtes al’dente. Sinon, ça fait bouillie collante, ou bouffe à cochon comme dit mon père.

Par contre, si tu veux mettre des fayots blancs (c’est très bon, mais ça fait encore plus péter, donc prévois bien ton coup si tu as une réunion importante ou un rendez-vous galant dans les 6 à 12 heures qui suivent…), il faut que tu règles le minuteur 3 mn avant la fin de temps de cuisson des pâtes pour que les fayots aient le temps de chauffer sans s’écrabouiller.

Et quand ça fait bip bip Coyote c’est prêt ! Tu égouttes le tout, et tu remets dans la gamelle pour l’assaisonnement.

Tu peux te contenter d’ajouter de l’huile d’olive, du sel et du poivre, ou encore une gousse d’ail écrasée, voire quelques feuilles de basilic.

Personnellement, je préfère y ajouter une petite sauce aux tomates fraîches.

Pendant la cuisson de la minestra, tu fais chauffer un filet d’huile d’olive dans une petite poêle. Tu ajoutes des tomates fraîches coupées en quarts (compte 1 tomate par personne), de l’ail écrasé, du sel, du poivre et du basilic. Tu laisses réduire tout doucement à feu doux, et en général, c’est prêt en même temps que le reste.

Il ne reste plus qu’à passer à table et à dévorer tout ça, avec éventuellement du parmesan râpé.

Bon appétit !

PS: aucun animal n’a été maltraité ou dévoré pendant la réalisation de cet article/de cette recette…

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2 réflexions au sujet de « Dans la série « Guy Roux serait fier de moi »: Faut pas gâcher… le vert des blettes »

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