Aventures aux bains turcs à Budapest

Ah la la, l’Europe de l’Est… Une grande histoire d’amour commencée avec Prague en République Tchèque (où je rêve de retourner… la plus belle ville du monde…), puis continuée avec Cracovie (Pologne) et Budapest en Hongrie en avril 1997.

Budapest, capitale tentaculaire, où on peut voir le beau Danube pas bleu, la maison de Franz Listz, l’opéra où y’a encore la place ou Sissi faisait sissi (et plein d’autres trucs mais faudrait un blog entier);

où on peut déguster du chou, du porc, et des boulettes de boeuf au paprika qui t’arrachent gentiment la gueule;

où on peut voir des gens jouer aux échecs de partout: dans les parcs, au bistrot, en attendant le bus, et dans les bains turcs.

Oui oui, dans l’eau !

Aaahhh, les bains turcs… une institution dans ce pays où jaillissent moults souces chaudes des entrailles de la terre. Tu penses bien qu’on y est allé !

La première fois, c’était aux bains Szechenyi, où notre accompagnateur avait organisé une rencontre avec d’autres français de notre bus. Mate comme c’est bien…

On s’est prélassé non loin des joueurs d’échecs, évoluant dans les volutes de vapeur, l’eau du bain étant proche de 40° tandis que la température extérieure était de… 0° !!! Le corps au chaud et la tête au frais, tu t’abandonnes totalement. Et de génial, ça devient magique quand il se met à neiger !!! Oui, à NEIGER !!! Féérique…

Après une expérience si agréable, on a remis ça, tu parles ! Mais cette fois sans accompagnateur, juste Monlolo et moi.

On s’est rendu aux bains Gellert. Et alors là, l’Aventure avec un grand A !

Tout commence dans un hall gigantesque où nous accueillent 2 guichets : un pour les touristes, un pour les hongrois. OK. On est touriste, on assume ! Je demande donc comme je peux dans un mélange allemand-anglais 2 tickets d’entrée avec consigne et 2 locations de maillot de bain (ben oui, on rentrait de balade, on n’avait pas les nôtres).La dame me donne donc tout ça, et nous filons à la consigne où une adorable petite vieille lève les bras au ciel en voyant tout notre fourbi, mais réussi à nous dégoter un casier assez grand.

On prend la clé de sureté en la remerciant, puis filons direction les bains. Un autre guichet nous attend (n’oublie pas que le pays sortait juste de 50 ans de joug communiste pas gentil) et là, la bonne femme aimable comme une porte de grange refuse de nous laisser passer alors qu’on lui tend nos billets. Refus catégorique. On rebrousse chemin vers le hall d’entrée pour aller voir l’interprète anglais-hongrois à un autre guichet (…) pour qu’il nous aide, mais il était plus là. Pause syndicale, sans doute…

Bon, ben on y retourne, et toujours pas moyen de passer ! Le ton commence à monter (ils sont sanguins, ces hongrois ! On dirait moi !) et dans un salmigondi au niveau sonore de plus en plus élévé, je réussi à capter « ticket kasse ». Le ticket de caisse !!! Qui est dans nos affaires à la consigne… Demi-tour gauche, recoucou la petit vieille mignonne toujours gentille, et enfin on a le droit de passer !

20 minutes.

Bon.

On descend les escaliers pour accéder aux bains, mais avant tout, il nous faut louer nos maillots de bain. On arrive donc à un autre guichet (le combientième ? chais pus…) où la matronne qui dirige, une sorte de Maïté blonde frisée maquillée comme une voiture volée, nous demande encore l’équivalent de 80 balles pour avoir nos maillots de bain ! On refuse, tu penses bien, on a payé à l’accueil ! On lui montre le ticket, elle refuse tout en bloc, on commence à s’engueuler chacun dans notre langue, elle chope son téléphone en bakélite verte (ma mémoire a le don de retenir les trucs les plus insignifiants) et commence à mettre une putain de bonne branlée à la personne à l’autre bout du fil ! Elle raccroche que ça en fend presque le socle du téléphone, et on continue de brailler, jusqu’à je comprenne je ne sais comment « money zu ».

Et là, ding ! ô lumière, je comprends qu’il s’agit d’une caution au cas où on voudrait se faire la malle avec ses maillots de bain ! Pour ce prix là, je m’attendais au moins à des Erès, mais non. Monlolo a eu un slip de bain vert pomme qui lui montait jusqu’au nombril, et moi un une-pièce violet très seyant avec de magnifiques zébrures argentées, rose fluo et jaunes fluo… Back to the 70’s, vintage avant l’heure, les hongrois !

On nous file en même temps 2 charlottes bleues obligatoires, et direction les bains !

Les bains (mixtes)

Ô délices ô combien mérités après tout ça !!! Puis on décide de se séparer pour aller au hammam et au sauna non mixtes.

J’arrive devant une porte cossue, fermée. Je frappe donc. Rien. Re-toc-toc. Toujours rien. Je passe au boum-boum-boum, et là, enfin, la porte s’ouvre, un avant-bras gros comme ma cuisse (et c’est pas peu dire) apparait, m’empoigne par le bras et me projète à l’intérieur. La mégère aux bras herculéens me désigne alors péremptoirement un petit bassin où je dois me désinfecter les pieds, puis me laisse enfin pénétrer dans la pièce avec les bains.

Et là, je reste coite, yeux équarquillés, car c’est la première fois que je voyais tant de femmes à poil. A poils bruns, roux, blonds, et même blancs !!! Des grosses, des maigres, des jeunes, des vieilles, des seins en pomme, en poire, en ananas, en gants de toilette…. Désarçonnant.

Je repère un petit coin pour poser ma charlotte bleue, et me tâte (intellectuellement parlant seulement, y’avait trop de monde):

« Est ce que je garde ou pas mon horrible maillot de bain moche ? Est ce que j’ose exhiber mes nibards en pastèque, mes bourrelets, ma cellulite, mes vergétures et ma peau d’orange ? Supporterais-je les regards inquisiteurs sur mon auguste fessier emmental (comprendre « avec des trous dedans ») ?« 

J’ai coupé la poire en deux, et ai juste viré le haut.

Quel bonheur d’évoluer dans l’eau chaude librement, les nichons flottant comme des bouées à la surface (je suis comme Uncle Bens, je ne coule jamais…)

Rétrospectivement, et même dès que j’aie eu quitté le bain, je me suis trouvée très conne de ne pas m’être mise à loilpem. Satanée morale judéo-chrétienne latine dont je suis pétrie malgré moi !

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Après avoir joué les naïades à la Bottero ou à la Niki de

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Saint-Phallus Phalle pendant un bon moment, je me suis alors dirigée vers le hammam pour prendre un bain de vapeur sans me la jouer « Tea for Two » comme dans « La Grande Vadrouille ». En même temps, j’espèrais ne pas croiser Big Moustache…

Mais dès que j’aie eu ouvert la porte vitrée, j’ai suffoqué ! Et suis donc ressortie aussi sec, sous les rires moqueurs des autres madames à l’intérieur. C’te honte… J’ai pas insisté, j’ai récupéré ma charlotte bleue, j’ai remonté le haut de mon maillot de bain, et suis ressortie, direction la grande piscine sous la verrière, où je me suis rafraîchie en faisant quelques brasses.


Monlolo, lui, était encore aux bains hommes (au fond à droite sur la photo ci-dessus, les filles étant au fond à gauche) J’ai alors croisé un couple qui était dans notre bus avec qui on avait déjà discuté. La fille me demande:

– T’es allée aux bains non mixtes ? C’est spécial, hein ?…

– Ben oui, un peu !

Et là, son copain me dit:

– Et ton copain, il y est allé ?

– Oui, il y est encore.

– Pouf pouf pouf !!! Ben tu lui demanderas de te raconter !, me rétoque-t-il, clin d’oeil appuyé à l’appui.

Peu de temps après, je vois Monlolo revenir, l’air échevelé.

– Alors, c’était bien ?, lui demandai-je avidement.


– Ouh la la… c’était quand même spécial… Déjà, ils étaient tous à poil là-bas dedans ! Et moi, j’avais trop l’air d’un con, je me suis rendu compte en partant que j’avais oublié d’enlever ma charlotte !


– Et pis ça doit être un lieu de rendez-vous, il doit y avoir des codes… A un moment ils me regardaient tous en se frottant, j’avais peur…


– Et pis après le hammam – han ! y’avait plein de gros rougeauds dedans ! -, je suis allé sous la douche, et je me suis retrouvé au milieu de 3 allemands super baraqués qui parlaient fort, tu sais, ça faisait un peu comme Louis de Funès dans « Le Corniaud » !!!

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– Et pis après, y’a un gros, mais GROS, hein, qui s’est pointé, tout frisé noir, tout poilu, avec une grosse paillasse qui lui pendait sur les cuisses ! Eh ben tu sais quoi ? Il avait une toute petite bite avec des grosses couilles qui pendouillent ! Putain même dans les vestiaires du foot, j’en avais jamais vu des comme ça ! »

Mon pauvre Monlolo, il en était tout retourné ! Et quand maintenant on retourne au sauna ou au hammam (parce que depuis qu’on y a goûté à Budapest, on ADORE ça !!!) il a toujours un petit espoir une petite appréhension à l’idée de croiser un autre Big Moustache aux couilles qui pendouillent…

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