Sex, Rogue & rock’n’roll chap.7 [Fan fiction Harry Potter]

VII – Visite à Pré-au-lard

Les jours suivants, la Marque des Ténèbres était restée très nette, mais la douleur ressentie par Rogue s’était atténuée. Cependant, Dumbledore restait méfiant, et avait donc fait augmenter les mesures de sécurité à Poudlard : les entrées étaient protégées par de puissants sortilèges, le réseau de cheminées était soumis à autorisation et étroitement surveillé, les fantômes et les préfets patrouillaient régulièrement dans le château. Dumbledore avait reformé l’Ordre du Phénix, dont les membres étaient en alerte maximale. Quant au Ministre de la Magie, il ne voulait rien entendre.
Toutefois, dans la mesure où aucun fait troublant n’avait été signalé, la visite du premier week-end de décembre à Pré-au-lard avait été maintenue.

Une semaine avant, Rogue vit une affiche dans la salle des professeurs : « On organise un déjeuner à l’auberge des Trois Balais samedi 25/11 à midi. Inscrivez-vous si vous voulez venir ! Attention : vendredi 24 novembre midi dernier délai ! » Il lut les noms écrits sur la feuille. Lyla y était, Lapierre et Fitzgerald n’y étaient pas ! Rogue prit la décision d’attendre la dernière minute pour s’inscrire afin de voir la liste entière des convives. Il fut aux anges quand Miss Harrison lui demanda dans la journée s’il venait ! Il avait seulement pu bredouiller un vague « Je ne sais pas encore… ».

Le vendredi vers onze heures, Rogue se trouvait dans la salle des professeurs en compagnie des professeurs Bibine et Sinistra. Lapierre et Fitzgerald arrivèrent, la démarche conquérante et parlant fort comme d’habitude. Le professeur Sinistra se tourna immédiatement vers eux et leur demanda, l’air déçu :
– Vous ne venez pas à Pré-au-lard ?
– Non, je suis de garde à Ste-Mangouste, dit Fitzgerald.
– Et moi je rends visite à mes beaux-parents, enchaîna Lapierre.
– Oh, c’est dommage, dit Bibine.
– Eh oui, vous devrez vous passer de nous, mesdames, conclut Lapierre en se rengorgeant.
Rogue se leva alors, leur lança un regard flamboyant et un sourire sardonique et alla de ce pas inscrire son nom sur la liste.
– Ça alors, vous venez, Severus ? lui demanda le professeur Sinistra.
– Oui. Ça a l’air de vous réjouir au plus haut point, cracha Rogue.
Bien entendu, cela n’appelait aucune réponse. Il sortit donc sans un regard pour ses collègues, un sourire satisfait sur ses lèvres minces, marchant d’un pas léger. C’était peut-être l’occasion qu’il attendait depuis longtemps. Il crut ensuite exploser de bonheur lors du déjeuner dans la Grande Salle quand Miss Harrison lui dit :
– C’est chouette, tu as pu te libérer pour venir à Pré-au-lard !
Pomona Chourave les regardait en souriant, les yeux pétillants de malice. Lyla lui avait peut-être fait des confidences…

Le lendemain, Rogue se prépara un peu plus soigneusement que d’habitude : il se lava les cheveux (comme tous les matins), fit un soin capillaire pour cheveux gras qu’il avait préparé lui-même, appliqua une pâte blanchissante pour les dents de sa fabrication… Sans grand succès… Il en venait à se demander s’il n’était pas victime d’une quelconque malédiction. Il avait tout essayé, mais rien n’y faisait. Il se tailla minutieusement la barbe et revêtit sa tenue préférée : chemise de Sea Island blanche col officier et poignets mousquetaires, pantalon, gilet et redingote noirs en cachemire, bottes cavalières et mitaines en cuir noir et sa lourde cape noire en pachemina. Il rejoignit alors les élèves de Serpentard pour vérifier leurs autorisations de sortie et se dirigea vers les carrosses qui les attendaient. Ses collègues semblaient surpris de le voir. Il faut dire que c’était la première fois qu’il participait à une sortie à Pré-au-lard depuis qu’il enseignait à Poudlard.

Une fois arrivé, il passa tout d’abord à la Poste pour expédier des longs courriers, puis il se rendit aux Trois Balais où Miss Harrison était déjà installée avec Mme Chourave. Lyla lui fit signe de venir s’asseoir à côté d’elle. Ses jambes se dérobèrent presque sous lui et son estomac se contracta dangereusement.
– Salut, ça va ? lui dit-elle joyeusement.
– Bien, et vous ? demanda-t-il à ses deux collègues avec un demi-sourire, la voix un peu serrée.
– Très bien. Ça fait plaisir de vous voir enfin à Pré-au-lard, Severus, lui dit Mme Chourave avec un sourire qui semblait plein de sous-entendus.
Rogue n’eut pas l’occasion de répondre (et c’était tant mieux) car les professeurs Dumbledore, McGonagall et Hagrid arrivaient. Quelques instants plus tard, les professeurs Flitwick, Bibine et Sinistra se joignirent à eux, suivis de Mme Rosmerta.
– Bonjour, puis-je vous proposer le cocktail de la maison en apéritif ?
– Qu’y a-t-il dedans ? demanda McGonagall.
– Vieux rhum de Jamaïque, liqueur de figue de Barbarie, pulpe de sureau et jus de myrtille. Pour tout le monde ?
Tous acquiescèrent.
Le repas qui suivit fut très agréable. Mme Chourave, Miss Harrison et Dumbledore pimentaient les conversations qui allaient bon train. Même Rogue se laissa aller à sourire, et même à rire parfois. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas passé un aussi bon moment en société. Dumbledore semblait ravi pour lui.

Quand le repas prit fin, tous quittèrent l’auberge par petits groupes. Lyla et Severus se retrouvèrent seuls tous les deux. Bien entendu, Rogue fut incapable de dire quelque chose de spirituel. Miss Harrison lui demanda alors :
– Tu peux me faire visiter le village ? Je ne suis jamais venue ici.
– Volontiers, lui répondit rapidement Rogue avec un vague sourire. Elle devait le trouver parfaitement ridicule.
– Alors, j’ai besoin de plumes, de parchemin, d’encre… et il faut aussi que je fasse le plein de friandises ! lui dit-elle avec un sourire malicieux. On peut aussi faire du lèche-vitrines, j’ai encore mes cadeaux de Noël à acheter.
– C’est selon votre bon plaisir, gente dame, dit alors Rogue en l’aidant à passer sa cape. Il n’en revenait pas de lui avoir dit ça ! Et ça l’avait fait rire ! Il s’épatait…

Ils partirent alors, marchant côte à côte, bravant les bourrasques de neige qui faisaient virevolter leurs longues capes noires, conversant, plaisantant, riant… Les élèves se retournaient systématiquement en croisant le couple improbable. Ils passèrent un après-midi délicieux. Rogue lui fit visiter tout le village, excepté Zonko, le magasin de farces et attrapes, où les pires crétins de l’école s’agglutinaient. Ils allèrent finalement à la confiserie Honeydukes, puis chez Scribenpenne pour acheter du matériel d’écriture. Miss Harrison tomba en contemplation devant les modèles luxueux des plumes Himalaya, le haut de gamme de la calligraphie comme disait une petite affichette. En sortant, ils s’arrêtèrent devant une nouvelle boutique, une bijouterie nommée « Chez Lulu le Forge Rond ». Les bijoux étaient fabriqués à partir de diverses pièces de quincaillerie moldue et ornés de diverses pierres fines ou précieuses, ce qui créait un contraste plutôt original et détonnant.
– Whâ, comme c’est beau ! s’extasia Miss Harrison. Regarde le pendentif en forme de chat… Et celui-là en forme de scarabée(1) ! Pfff… C’est comme les plumes Himalaya : trop cher pour moi… Tant pis ! conclut Lyla en haussant les épaules. Je vais faire des économies !

L’heure de rentrer approchait. Cela ennuyait beaucoup Rogue car il n’avait pas osé se lancer de l’après-midi. Il était impressionnant de couardise. Il tenta une dernière fois de se déclarer, et pour ce faire, invita Miss Harrison à prendre une Bièraubeurre aux Trois Balais. Il avait la gorge serrée et une incroyable envie de vomir. Il tenta de s’installer dans un petit coin à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes, mais l’auberge était bondée en cette fin d’après-midi neigeuse. Il ne trouva qu’une petite table à côté d’un couple de vieux sorciers. Ça devrait faire l’affaire…
– Vous avez apprécié la visite ? demanda-t-il à sa collègue.
– Oh oui, c’est vraiment bien, ici, ça me fait penser à des coins que je connais en France : le quartier St-Jean à Lyon, les villages de l’Aveyron ou de Bourgogne… Tu es déjà allé en France ?
– Non, je n’en ai jamais eu l’occasion. Pourtant, j’adore le bon vin, le cognac et les poètes français, notamment Baudelaire, Rimbaud, Verlaine… répondit Rogue
– Les poètes maudits… Mais tu comprends le français ? demanda Miss Harrison, visiblement impressionnée.
– Oui, je le parle également plutôt bien… Lyla… commença-t-il la voix tremblante, enfin décidé à déclarer sa flamme à la jeune femme.
Mais ce fut pile à ce moment-là que les deux vieux sorciers quittèrent leur table et demandèrent à Lyla de bien vouloir se pousser un peu pour les laisser passer. Rogue reprit alors :
– Oui, je disais que…
Et juste à cet instant les jumeaux Weasley et Lee Jordan vinrent s’installer à la table voisine désormais libre. Rogue sentait la colère enfler en lui.
– Bonjour, mademoiselle, lui dirent-ils à l’unisson avec un grand sourire. Professeur Rogue, ajoutèrent-ils d’un ton sérieux en se tournant vers lui et en faisant une mini-révérence.
– Comment ça va, vous trois ? Vous avez fait le plein d’horreurs chez Zonko ? leur dit-elle avec un regard appuyé et pétillant.
– Euh… non, qu’est-ce qui vous fait penser ça ? dit George (ou Fred) avec un air faussement innocent.
– Ce n’est pas du tout notre genre, ajouta Fred (ou George) avec un air digne qui jurait énormément.
Ils continuèrent à plaisanter quelques instants. Rogue avait la mâchoire crispée et un goût amer dans la bouche. La Bièraubeurre n’y changeait rien. Ces trois morveux avaient ruiné son plan. Pour une fois que tout allait bien, il avait fallu qu’ils débarquent. La boule dans son estomac commençait à se reformer.
– Severus… Severus… On y va ? demanda alors Miss Harrison, le tirant de ses sombres pensées.
– Euh… oui, bien sûr…
– Ça va ? Tu es tout pâle…
– Je… La Bièraubeurre m’a un peu écœuré… mentit-il.
– Allez, vous trois, dépêchez-vous si vous ne voulez pas rentrer à pied ! dit-elle aux étudiants.
– Oui, mademoiselle. Au revoir !
Et ils sortirent côte à côte. Tout était à refaire. Une si belle occasion ne se représenterait certainement pas de sitôt. Ces trois imbéciles avaient tout gâché. Ils avaient de la chance de ne pas avoir cours avec lui lundi…

(1) Scarabée se dit beetle en anglais. Le nom du groupe pop-rock the Beatles est un jeu de mot à partir de beetle (scarabée) et beat (rythme)

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Alors, verdict :

Naze ?

Niais ?

Gamin ?

Tout à la fois ?

Ou bien ? (dans les 2 sens du terme ^^).

C’est à la relecture que je me dis qu’il est parfois bon de vieillir un peu !

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