La voix de son maître

Hier soir, comme quasiment tous les jours, je demande à Crapouillette, CE2, si elle a des devoirs. Ce à quoi elle me répond : « Apprendre les deux premiers couplets de la chanson qu’on apprend en ce moment. »

Comme à chaque fois que c’est le cas, je lui dis de se connecter à Youtube et de chercher sa chanson en version karaoké, tout en lui disant bien de faire gaffe, de pas cliquer n’importe où, car sur Youtube y’a des vidéos avec des gens à poils, et même qu’on leur voit les nichons et la quéquette. Ce à quoi elle répond invariablement « Beeerkkk !!! »

Mais bref.

Crapouillette fait donc sa recherche, puis, comme elle est timide niveau chant, elle m’appelle pour que je chante avec elle, afin que je couvre les vols de canetons s’échappant de sa bouche par les gros canards boiteux sortant de la mienne.

Nous voici donc -surtout moi- chantant à tue-tête (tu as remarqué qu’on a un printemps pourri cette année ?), quand soudain, elle me regarde, l’air un peu étonné, et me dit : « Mais c’est dingue, t’as EXACTEMENT la même voix ! »

La même voix que qui, je te le donne Emile ?

Que Joan Baez ?

Que Janis Joplin ? (dont j’avais la coiffure quand j’étais à la fac ?)

Que Joni Mitchell ?

Que nenni, penses-tu…

Moi, j’ai EXACTEMENT la même voix que… Calogero.

Notez que je n’ai rien contre Calogero, excepté, peut-être une…

#voixdemerde

PS : y’en a un qu’a pas une #voixdemerde, c’est Robert Downey Junior, qui, en plus d’être un gros canon, chante « River » de Joni Mitchell comme un dieu. Mate.

PPS : article non sponsorisé par Dim, ni Sloggi, ni Playtex, ni Undiz, ni Etam… #pipiculotte

La vieillesse est un naufrage

Ce matin, à la salle de bain, Crapouillette et moi-même finissions de nous préparer pour aller à l’école. Tandis que j’enfilais mes chaussettes, Crapouillette, déjà prête, mirait sa belle coiffure et ses cheveux fraichement coupés et lissés la veille dans le miroir. Quand soudain, elle me dit :

« C’est cool, Maîtresse elle sent pas des fesses. »

Je la regardai donc fixement, l’air incrédule, une chaussette suspendue au bout de ma main figée, sidérée, terrassée par l’énormité de ce qu’elle venait de m’asséner.

omg-owl

- Gnnein ??? fut le seul genre de borborygme qui parvint à franchir le seuil de mes lèvres.

- C’est trop bien d’aller à l’école comme ça, renchérit-elle.

- Mais mais mais, mais pourquoi tu dis ça ??? Y’a des maîtresses qui sentent mauvais à ton école ???

Là, ce fut son tour de me regarder fixement, les yeux écarquillés et les sourcils en accent circonflexe.

- Mais qu’est-ce que tu racontes ???

- Ben, tu viens de dire que ta maîtresse, elle sentait pas des fesses…

Et là, je vois ma Crapouillette partir d’un fou rire irrépressible, se tordant et pleurant de rire, incapable de reprendre sa respiration pour répondre à mes désespérés maikoikeskejaidit.

Au bout d’un instant, réussissant à reprendre ses esprits, elle parvint alors à me dire :

- Mais non !!! J’ai pas dit ça !!! J’ai dit « C’est cool, mes tresses elles sont pas défaites !!! ».

Bah oui. Tout s’explique, hein…

Donc, j’étais déjà mal gaulée, les jambes en X, des gros genoux moches, des cuisses en emmental, des cicatrices partout, deux organes en moins, une maladie immunitaire, des yeux myopes… Voilà que je deviens SOURDE !!!

Moi je vous le dis, la vieillesse est VRAIMENT un naufrage…

Eurekâ !!!

Comme tu le sais si tu suis plus ou moins mon blog et/ou supporte mes babillages intempestifs sur Facebook, cela va faire presque un mois que je suis en arrêt maladie.

Je suis épuisée, je chope cochonnerie sur cochonnerie, et surtout, SURTOUT, j’ai mal partout, et notamment au ventre. J’ai récemment pu sentir le moindre centimètre des quelques six mètres de boyaux emberlificotés dans ma panse. Je peux appuyer sur n’importe quelle partie de mon abdomen, j’ai mal là, là, là, là, là, là, là et encore là.

Donc j’ai mal là, là, là, là et encore là (sauf à l’estomac car j’en ai plus ^^)

Les toubibs, généraliste ou spécialistes, ne savent pas ce que j’ai (même si ça n’a pas l’air grave), et je vais devoir passer toute une batterie d’examens plus ou moins invasifs par en haut ou par en bas pour trouver le pourquoi du comment.

J’en discutais encore avec Monlolo, tout à l’heure, gestes à l’appui pour bien lui montrer où ça me blessait, quand, soudain, il a trouvé la solution !!! D’une simplicité, d’une limpidité tellement évidentes… qu’il me l’a énoncé de la formule lapidaire suivante :

« Ouais ben en gros, t’as mal au doigt, quoi… »

PS : merci Coluche !!!

Little Miss Meteor

Tu connais l’histoire de la crapaude qui veut se faire aussi grosse que le boeuf ?

Mais si, la fable de la Fontaine, là !

Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant : « Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ?
- Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ?
- Vous n’en approchez point. ». La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

Eh ben ça, c’est moi depuis quelques temps.

Tu le sais peut-être ou pas, je n’ai plus d’estomac depuis 8 ans, suite à quelques vicissitudes de cette chienne de vie.

Depuis, je jongle entre divers malaises et diverses manifestations plus ou moins douloureuses, sonores et/ou odorantes de mon abdomen.

Amies de la poésie, amateurs de la Fontaine égarés, bonjour, au fait.

Cela étant, l’autre jour, en allant au travail, presque au bout de l’heure de route quotidienne qui me mène à mon %#&¤$% de job de merde, j’ai fait un gros malaise au volant, un « pas comme d’habitude », si bien que j’en ai été verte de peur bleue. Ca s’est reproduit plusieurs fois les jours suivants, le tout accompagné de douleurs, et surtout de la sensation d’être une bonbonne de gaz.

Mon corps mutilé bizarroïde réagissant toujours étrangement, mon médecin, Gregounet, yeux polaires, barbe de 3 jours, a décidé de laisser le temps à mes tripes probablement irritées de reprendre leur forme et place initiales (oui, je suis comme feu le Concorde, à géométrie variable).

Mais.

Ils n’en ont rien fait, ces petits saloupiauds de boyaux, et je ne me sors pas les doigts du derche (au sens propre, sale et figuré)

(non, cet article n’est MÊME PAS sponsorisé par Préparation H)

(♪ Aïe aïe aïe aïe aïe aïe aïe ♫)

Du coup, j’ai profité de ma visite mensuelle à l’hosto pour recharger mon corps en anticorps (oui, ça non plus, j’en ai pas) (ni de rate, ni de duodénum, d’ailleurs) pour parler de mes soucis à l’infectiologue de service ce jour-là.

Après moults oscultations et palpations, elle me dit :

- Vous mettez au risée.

- … pardon ???

- Vous mé-té-o-ri-sez.

- Aaahhh ! Euh, et ça veut dire quoi ?

- Vous avez d’importantes poches de gaz dans les intestins. Je vous prends rendez-vous avec mon confrère gastro-entérologue afin qu’il découvre la cause de ceci.

Mon gastro-entérologue, c’est un pur canon, avec une prestance et une classe folle. Pile l’archétype du médecin dans les séries américaines. Je te dis pas comme c’est commode de lui expliquer les yeux dans les yeux tes problèmes de crotte. Sérieux, j’imagine même pas s’il avait choisi la gynécologue comme spécialté…

Mais je mégare.

Donc, une fois la toubib partie, j’ai cherché « météorisation » sur Wikipédia.

Hop :

Meteorisation

Bien bien.

Voilà voilà.

Nous avons donc la preuve de ce que moi-même et d’autres soupçonnions depuis un bon bout de temps :

je suis une-GROSSE-VACHE !!!

Ronald et moi

Samedi, tu l’auras sans doute remarqué, c’était la Saint Valentin.

Monlolo, cet être pétri d’amour et d’attention au romantisme absolu, est donc allé faire un concours de boules avec ses potes.

(euh… quand je parle d’un concours de boules, je veux parler de longue, aka la boule lyonnaise, et non pas d’une compétition typiquement masculine digne d’un vestiaire de foutchebaôle où les monocouilles sont systématiquement perdants. A moins que. Mais franchement, jugé au poids, ça doit pas être bien beau)

Mais je m’égare.

Donc, Monlolo était aux boules.

Et je précise, à l’attention des quelques québécois qui se seraient égarés par là (coucou Annabelle !) qu’aller aux boules, ici, dans ma contrée troudeballetaounienne, ne signifie pas aller au strip tease (merci Annabelle !) mais aller jouer aux boules.

Bref.

Donc : Monlolo : les boules

(si je puis dire)

En même temps, le fait que mon chéri fasse cette compétition sportive (je te jure, c’est un VRAI sport, ils ont même une fédération, la FFSB (Fédération Française de Sport Boules) (et non pas la Fédération Francophone des Sourds Belges) (si si c’est vrai ça existe !) (en même temps, les belges entendants peuvent aussi jouer aux boules hein, c’est pas ce jeu-là qui rend sourd))

Donc, disais-je, que Monlolo fasse cette compétition, c’est peut-être la seule manière pour moi d’avoir un bouquet de fleurs, les organisateurs ayant forcément pensé à en offrir aux vainqueurs pour qu’ils se dédouanent auprès de bobonne en rentrant un peu bourrés à 2h du matin.

Ainsi, en ce jour funeste, je me retrouvai donc seule avec Crapouillette, qui sortait de 5 jours de vacances bien pourris à cause d’une rhino féroce, ce qui m’a bien pourri 5 jours de mes congés également.

Une idée germa alors dans ma caboche maternelle, avide de sorties et de bain de foule après cette réclusion maternelle de promiscuité (en un seul mot, contrairement à la future mariée le jour de son enterrement de vie de jeune fille) (promise cuitée) (oui, je suis très fatiguée)

- Dis, Crapouillette, ça te dit qu’on se fasse un McDo mère-fille ce soir ? lui lançai-je à midi, sûre de mon coup ?

- Ouais, bof, le cadeau du Happy Meal il est tout pourri en ce moment… On n’a qu’à aller chez Quick !

- Ah non, lui rétorquai-je, un poil vexée,  je fais pas 50 bornes pour aller manger 4 nuggets…

- Pfff, c’est trop nul, y’a même pas un KFC par ici…

- Bah je sais mais j’y peux rien, moi. (tu la sens bien, la mère vexée, là ?) Tu veux aller à la crêperie ?

- Ben non, là-bas ils ont pas de pâte de spéculoos…

(non non, ma progéniture n’est pas du tout chiante niveau bouffe)

- Bon. Ben je te laisse réfléchir, alors. T’es sûre que tu veux pas aller au McDo ? Même si y’a pas de cadeau, c’est pas grave !

- Ouais ben si, hein, me répondit-elle, comme une évidence.

Je la laissai donc vaquer à ses occupations tandis que je vaquais aux miennes, quand elle réapparut en me disant :

- Ca y’est je sais ! On a qu’à se faire un mini-kiff à la maison ! Nuggets frites, tranquille !

- Ben ? Tu veux qu’on aille au Drive, alors ? Je comprends pas, ça change quoi ?

- Mais noooonnnn !!! Je veux que les nuggets, tu les fasses TOI. C’est comme tes hamburgers, ils sont vachement meilleurs… Le McDo, c’est QUE pour le cadeau, t’sais…

Hin hin hin, Ronald, ils sont où, tes nuggets ???

Dans Ton Cluwn !!!

PS : oui, hein, tout ça pour ça…

PPS: je précise qu’aucun Monlolo, enfant, québécois, belge, sourd ou non, n’a été maltraité durant la rédaction de cet article. Un blanc de poulet, peut-être…

PPPS : pour de vrai, je m’en fiche de la St Valentin. Monlolo, c’est plus d’une fois par an qu’il me fait ma fête ^^

PPPPS : la preuve en image !

(que mes nuggets ils sont terribles, pas le reste, m’enfin…)

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La (dure) loi de la pesanteur

Ce matin, dans la salle de bain, à la faveur d’une matinée chômée pour moi pour cause d’arrêt maladie pour cause de boyaux qui se promènent dans mon dedans et qui frottent et cognent mon nerf vague et mon coeur vague (à l’âme) et qui me provoquent des malaises, Crapouillette et moi-même étions en train de faire notre toilette, partageant cet espace clos de 2.85 m² au bas mot pour ne pas gaspiller le chauffage (si si) et notre temps.

J’avais fini de me laver, et étais donc à poils et à pâleur (nous sommes en hiver, ceci expliquant donc cela), tandis que ma progéniture procédait à sa toilette de chat au lavabo. Ayant déjà enfilé mon tanga so sexy en dentelle toute douce (oui, bon, ma gaine) et ayant grave froid aux arpions, j’entrepris, avant de passer mon soutien-gorge, d’enfiler mes chaussettes tout en restant debout, incorrigible optimiste que je suis.

Bien entendu, ce qui devait arriver arriva : je vacillai subrepticement, et, en gros, manquai de m’écraser lamentablement la tronche et tout le tremblement sur le carrelage.

Ma fille me regarda alors d’un oeil taquin, et m’asséna tout à fait sérieusement :

« T’as failli tomber à cause de tes nichons qui sont trop lourds ? »

Moi je dis qu’Isaac Newton, avec ses pommes, il peut aller se rhabiller…

Tarte Tatatin

L’autre jour, Crapouillette se lamentait d’avoir foiré son expérience en sciences (oui, Crapouillette, ma grande scientifique de 7 ans et pas toutes ses dents). Alors, pour lui remonter le moral, je me suis mise à lui raconter que de grandes découvertes scientifiques avaient été faites suite à un raté (et en vrai ça s’appelle la sérendipité).

Genre le Post It grâce à la colle qui colle pas des 2 chimistes de chez 3M, Archimède qui était grec (donc qui était… grec, quoi) et qui donc prenait son bain avec un canard en plastique vibrant et qui a découvert la poussée d’Archimède (cochon), ou encore Newton qui a découvert la gravité en se prenant une pomme sur la tronche, ou encore les soeurs Tatin avec leur tarte aux pommes renversée.

Ce que l’histoire a oublié, c’est qu’en fait, les soeurs Tatin étaient les voisines de Newton, qui leur apportait les pommes talées qu’il se prenait sur la tronche pour qu’elles en fassent des tartes, et que, pour vérifier ses hypothéses sur la gravité, il leur faisait toujours des croche-pattes, et que c’est comme ça qu’elles ont inventé la tarte Tatin.

Cela étant, Newton n’était pas non plus un tel goujat. Avant de leur apporter des pommes, il leur avait demandé l’autorisation, quand même.

Dialogue :

Isaac : Dites, les deux frangines, si je vous amène des pommes, vous me faites une tarte ?

Stéphanie et Caroline (qui n’étaient pas de Monaco, non non, mais de Lamotte-Beuvron, c’est bien plus glamour) (sérieux, ça ne s’invente pas, ça) : Oui si tu veux !

Isaac : Et si je vous amène du tabac, vous me faites une pipe ?

L’histoire a cependant oublié la réponse des deux frangines.

Mais revenons-en à nos moutons.

Donc je raconte des exemples de sérendipité à ma fille, et du coup j’ai eu envie de faire une tarte Tatin.

Ou une tarte Tatatin, devrais-je dire.

Car en fait, l’histoire des soeurs Tatin avec leur bon ami Newton, c’est que des conneries qu’on raconte aux enfants pour les consoler de leurs expériences ratées en sciences (je te jure).

La vraie histoire trouve ses sources en musicologie.

La vraie tarte Tatin s’appelait à l’origine la tarte Tatatin, et a été inventée par Beethoven, et non pas par Renaud comme tu t’y attendais. La musicologie renaldienne a prouvé que Monsieur Séchan avait juste copié ce cher Ludwig Van, et ce grâce au couplet manquant de « Laisse Béton » retrouvé par hasard lors de la farfouille des pompiers de Lamotte-Beuvron (d’où l’amalgame historique avec les soeurs Tatin, tout ça…)

Le couplet en question :

Il m’a mis un coup d’poing
J’y ai filé un coup d’latte
M’a mis un coup d’surin
J’ai renversé ma tarte TATATIN !!!

Véridique.

Mais donc, le véritable inventeur de la tarte Tatatin, c’est donc Ludwig Van (oui, l’inventeur des baskets de skate aussi, vraiment un grand homme, ce Bitauvent Beethoven). Deux musicologues avertis qui en valent deux (Monlolo et moi-même, en l’eau cul rance) l’ont prouvé en déchiffrant inlassablement l’ouverture de sa Symphonie n°5 :

On y entend disctinctement (je te rappelle que Ludwig Van Kekettahler-Beethoven était sourd) :

Tarte Tatatatin !!!
Aux pommes pommes pommes pommes !!!

Sur ces entrefaits-là, je te confie la recette originale de ce cher Ludwig trouvée dans le livre de recettes de sa petite-petite fillotte lors du vide-grenier du Sou des Ecoles de Bonn.

Ingredienten (oui, la recette originale est en allemand, je te traduis la suite, je suis gentille)

  • 250g de pâte brisée
  • 6 pommes (normalement c’est QUE des Reines de Reinettes)
  • 125g de sucre en poudre
  • 100g de beurre

Modus operandi (oui, à l’époque, le latin était de rigueur, je te traduis la suite, je suis gentille)

Enduire gracieusement le fond d’un moule à manquer de 22cm de diamètre avec la moitié du beurre, et saupoudrer de sucre.

Eplucher les pommes et les couper en tranches épaisses. En recouvrir le fond du moule en couches successives, et saupoudrer de sucre.

Recouvrir de la pâte brisée, en glissant bien la pâte à l’intérieur des parois du moule.

Faire cuire 30mn à th 8 – 220°c

Démouler sur un plat supportant le passage au four. Recouvrir les pommes de sucre, et parsemer de noisettes du beurre restant.

Faire caraméliser sous le grill du four, porte ouverte, pendant 10mn EN SURVEILLANT.

Servir tiède, accompagné éventuellement d’une cuillère à soupe de crème fraiche épaisse qu’on laisse fondre sur la tarte tiède.

Et voilà !

Tarte Tatatin

Ma tarte Tatatin sera donc ma participation au Monday Music Miam de ma blogpote Chris du blog « Cuisine de tous les jours » !

Je t’invite à aller visiter son blog hyper gourmand plein de bonnes idées simples et originales, surtout si tu aimes les vieux légumes oubliés et mal aimés, et le rock !!!

Ouais, Beethoven est so rock’n’roll… Et c’est pas moi qui le dit, c’est Chuck Berry !

J’ai été tagguée comme un wagon SNCF #22 : Mon Cul c’est du Poulet (si si)

J’ai l’impression d’être une énigme vivante. Régulièrement, des blogpotes tentent de me percer à jour, tel un vilain spot d’ado, pour voir ce que j’ai à l’intérieur. Chez moi, point de substance visqueuse jaunâtre, mais un sacré bordel quand même. Je te laisse juger sur pièce, grâce au questionnaire inquisiteur de ma blogpote Brenda du blog volailler pertinent et impertinent « Mon Cul c’est du Poulet« .

Cot !!! 1/ Pourquoi un blog ?

Parce que depuis toute petite je veux être écrivain. Douce utopie.. Mais comme faut bien commencer quelque part, hop ! un blog ! Quoi de mieux pour écrire et pour être lu, de manière anonyme, sans peur d’être jugée ridicule par ses proches ? (bon du coup, le machin a fait long feu, mais tant pis, ça s’en va et ça revient, comme disait un électricien de ma connaissance, je crois)

2/ Raconte ton grand moment de honte.

Ouh là, ça va être difficile, c’est pas les occasions qui manquent… Cela étant, depuis que je suis adulte et que je me fous de tout, ça m’arrive nettement moins souvent. Mais quand j’étais gamine et déjà bien dans la lune , c’était légion…

Bon allez, un récent de ma vie de femme, quand même…

Un jour, quand Crapouillette avait genre 3 ans et qu’elle était confortablement assise dans le siège du caddie du Frogmarket du coin alors que je tâtais du melon en tout bien tout honneur, je croise l’ex-copine de mon cousin, que j’aimais beaucoup (la copine) (le cousin aussi bien sûr, même on se foutait des peignées mémorables incluant du fracassage de crâne contre la poignée du four de la cuisinière quand on était gosse). On commence à blablater, et bien sûr, elle essaie de converser avec ma gamine. Bien entendu, cette dernière, sauvageonne comme pas deux, se renfrogne instantanément, n’accordant ni mot ni regard à la dame. On continue donc de discuter un instant, puis sur la fin, elle dit donc au revoir à Crapouillette, qui daigne enfin ouvrir la bouche et lui adresser quelques mots, en l’eau-cul-rance l’occurence :

« Ben ma maman, elle a des poils au pitchoun et ils sont tout noirs ! »

Sur ce, va conclure une conversation, tiens…

3/ Morpheus te propose la pilule rose ou pilule bleue, laquelle tu prends ?

La bleue car comme on vit dans une société sexiste, c’est pas pour les filles, y’a donc moins de chance que ça me fasse du mal. Au pire, si j’ai des poils qui poussent, ça se verra même pas.

(c’est qui Morpheus ?)

4 / Un blog à conseiller ?

Hin hin, le tien !!!

Non sinon, un de ceux où j’aime à me perdre très souvent, c’est un blog axé voyage, celui de Ganesha aka Lacinle : leklektik

Sinon, pour voir tous les glogs que j’aime, y’a qu’à cliquer sur l’onglet « Blogpotes » dans la barre noire sous l’image d’en-tête du présent blog.

5/ Ton héros de roman préféré ?

Whâ c’est dur ça ! Au débotté, je dirais Severus Rogue. Et aussi Corto Maltese, même si c’est des BD mais c’est plus des romans graphiques. Récemment, j’avoue avoir eu un petit faible pour l’inspecteur Wallander, et Assad du département V. Tu remarqueras qu’il s’agit de personnages récurrents. En effet, j’ai horreur de terminer un livre, car ça veut dire que je laisse les personnages auxquels je viens de m’attacher. C’est pour ça que j’adore lire des séries, des sagas, notamment en Heroic Fantasy. 6/ Que penses-tu (sincèrement, c’est important) de la coupe de cheveux de Vanessa Paradis ?

Franchement, je vois pas pourquoi les gens en font tout un foin. Ca fait 50 ans que ma Mémé a la même, et ça retourne pas les foules…

7/ La première chose que tu fais au réveil ?

J’écoute. Je réalise où je suis, je tente d’évaluer l’heure, puis j’ouvre les yeux, retente d’évaluer l’heure, et regarde le réveil. Puis j’avise.

Si je me lève, la 1ère chose c’est de me mettre un grand splash d’eau fraîche du robinet sur la figure. Et après je fais pipi (je te jure).

8/ Ton geste beauté ?

Le sus-nommé grand splash d’eau fraîche au réveil.

Et aussi toujours me démaquiller avant de me coucher, quelle que soit l’heure.

Et hydrater ma peau.

Mais sinon, le petit truc qui me donne instantanément un petit pep’s, c’est mon trait de liner noir bien appuyé derrière mes binocles de myope qui font des petits yeux. Quand je veux une touche de couleur pour égayer le bazar, c’est souvent des couleurs fofolles sur les ongles, et/ou du rouge à lèvres mat (ou alors du veris à lèvres YSL).

9/ Mémèràchats ou mémèràchiens?

Mémère à chats, mais aussi à chien durant toute mon enfance. En gros mémèràtoutebêteàpoilssauflesrongeursquiontunegrandequeuesanspoils

(Monlolo n’est pas un rongeur, donc ça compte pas)

10/ Ton plat préféré ?

Les abats ! Je suis raide dingue des abats. Mais genre grave. Je me damnerais pour des tripes, je me délecte de boudin avec sa fricassée, je bave devant un tablier de sapeur (quand la plupart de mes copines bave sur un tablier de pompier)

11/ Qui a tué Pamela Rose ?

Joker !

Euh… Kamoulox j’veux dire !

Et qui a tué Laura Palmer, déjà ?

(aaaahhh… L’agent Dale cooper…)

Sur ce, je vais prendre une douche (froide).

Cot !!!

Liseuse Kobo Aura : quel aura, hein hein ?

Récemment, dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire organisés par Price Minister, j’ai chroniqué le livre « La lettre à Helga » de Bergsvein Birgisson. Et cette année, au-delà de recevoir un livre gratuit, et en plus d’avoir une chance d’avoir l’honneur d’être élue parmis les 12 meilleures critiques comme je l’avais été l’an dernier grâce à mon article sur le livre de JK Rowling sans le petit Potter (« Une place à prendre » que ça s’appelait), il y avait une liseuse Kobo Aura à gagner, parce que, forcément, un tien vaut mieux que deux tu l’auras (oui, c’est pourri, mais je me devais de la caser quelque part, tu comprends, j’étais obligée, les calembours font partie de mon moi intérieur au fond du couloir à gauche)

Je ne fondais que peu d’espoir en cela, me disant « Tu vas voir, toi, avec la chance que tu as, tu gagnes quand y’a rien à gagner sauf la gloire ».

Et pourtant ! Pour une fois, ma tête de vainqueur à la François Pignon m’aura (hé hé) apporté quelque chose de positif, car j’ai gagné, vois-tu !!!

Donc, après avoir passé quelques temps à bondir partout comme une crapaude en rut,  à effrayer ma collègue de travail en ayant poussé un cri suraigü quand j’ai appris que j’avais gagné, à saouler les documentalistes du taf (très compréhensives, je trouve), à avoir gonflé mes proches (gentils aussi et sincèrement contents pour moi) et mes supers blogpotes sur FB, j’ai enfin reçu la bête, ce qui n’a fait que réactiver le mode « cabri-on ».

Je me suis laissé un peu de temps pour apprivoiser l’animal, et aujourd’hui, je m’en vais te livrer mes impressions ! Par contre, au niveau des photos, c’est pas beau, mais j’assume.

Look

Ben elle est belle… Format petit livre de poche, look tablette avec son écran tout plat sans bords apparents, boutons élégammant incrustés dans les bords fins, dos rugeux mais doux (si si je te jure) avec biseaux polygônaux… Vraiment un bel objet.

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Ergonomie

Personnellement, j’ai de toutes petites mains, et du coup, je la trouve un poil large.

Au niveau du poids, j’ai pas pesé mais c’est correct, on est pas gêné.

Les boutons M/A et Luminosité sont bien positionnés et faciles d’accès.

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Quant à l’écran, je le trouve pas assez mat et trop sensible aux traces de doigts. Et pour le coup, le fait qu’il n’ait pas de bords est gênant car on met les doigts sur la partie où on lit. Concernant sa « tactilité« , il est assez réactif sans être transcendant non plus. Et même que ça se gâte quand on passe au clavier, car le temps de réponse des touches est hyper long et non synchronisé avec l’affichage. Et ça, c’est très chiant pour la saisie des mots de passe, notamment. Et pis des fois, ben il plante en se figeant comme Doug dans Hero Corp. Et là, ça devient vraiment gonflant…

La définition de l’écran est par contre excellente. Les polices d’écritures sont parfaitement lissées, pas de pixellisation même sur les images qui sont très nettes, et pas d’effet de flash noir lors de l’affichage et/ou du rafraichissement des pages. Toutefois, je trouve le temps de réponse/de chargement un peu lent…

Le rétro-éclairage réglable est quant à lui fort appréciable.

Prise en main / Mise en route

Elle se fait simplement, intuitivement, par wi-fi en ce qui me concerne, ou via USB grâce au petit programme à télécharger Kobo Desktop. La création du compte Kobo est simplissime et rapide.

On accède alors de suite à la page d’accueil avec différentes « cases » qui se remplissement au fur et à mesure de nos expériences de lecture, avec des suggestions (bien vues), des statistiques, et c’est très sympa.

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En bas, on a 3 « onglets » : Bibliothèque, Librairie et Suppléments.

Explorons-les donc gaiement !

La Bibliothèque

Non non, le Colonel Moutarde n’y a pas assassiné Mme Pervenche avec le chandelier. Et pour le coup, elle est vide, donc explorons-donc d’abord la Librairie. (ben oui…).

La Librairie, donc

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On se rend à l’Accueil pour débuter, et forcément ensuite, aux Catégories, qui sont bien fournies !

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Allez zou, je me ferai bien un policier ! (en tout bien tout honneur…)

Sauf que ce n’est pas si simple, il faut encore faire son choix entre les nombreuses sous-catégories !

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Allez, un petit Policier Britannique, genre un Sherlock Holmes libre de droits et donc gratos, ou un Agatha Christie pas trop cher, ou le dernier Mo Hayder…

Et là, stupeur et tout le tremblement : Arnaldur Indridason de la « bibliothèque nordique » en bonne position, bien bien bien…

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Page suivante ? Je trouve bien un Sherlock Holmes, mais en anglais. Qu’à cela ne tienne, je vais faire une sélection en cliquant sur le nom de l’auteur dans la fiche de l’ouvrage ! Ah ben non, on peut pas… Bon ben je vais chercher les livres gratuits en classant la liste par prix croissant ! Ah ben on peut pas non plus… Les livres uniquement en français, peut-être ? Ah ben on peut toujours pas…

Pour conclure : si j’en avais deux comme ma tante, ça me les briserait sévère.

Je me décide donc à faire une recherche directe.

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Et là, de nouveau, c’est tout mélangé sans possibilité de tri.

Bon allez, faut quand même que je télécharge un truc pour essayer ! Je retourne chercher un Sherlock gratuit, et c’est parti mon kiki ! Plutôt que de cliquer sur « Lire maintenant » qui s’affiche, je vais aller explorer la Bibliothèque où il doit se trouver…

La Bibliothèque

On a donc un classement entre livres et extraits prédéfini, puis la possibilité de faire des Collections et enfin les Articles de Pocket, fonctionnalité sur laquelle je reviendrai plus tard.

Je clique donc sur Livres, et là apparait la liste qu’on peut trier, enfin !!! Je clique sur le titre du livre, et là, c’est la page blanche… Rien ne se passe… Bon, ben je vais aller remuer mon cassoulet, moi…

[…]

Ah ça y’est, ben c’est pas dommage !

Par contre, là, maitenant que le texte est à l’écran j’admets que c’est nickel. L’affichage est hyper net, la lecture confortable, on peut régler plein de paramètres (type et taille de police d’écriture, interlignes, justification…) y’a plus qu’à se régaler !

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De plus, les options de tri sont bien vues, car en plus du tri par auteur et titre notamment, il y a un tri automatique des « en cours de lecture/finis/non lus », bien pratique pour retrouver ses petits.

Il reste une fonctionnalité de la Bibliothèque : les articles de Pocket.

Kesaco Pocket ?

C’est un site avec plug-in qui, lors de la navigation sur Internet sur un ordi, un iPhone etc… permet de « marquer » des articles pour les lire plus tard. Bien pratique pour les blogs ! Je l’uttilise déjà beaucoup, et pour le coup, la possibilité de lire des articles de blog sur une liseuse m’a franchement séduite. J’ai donc entré mes identifiants dans la Kobo et synchronisé mon compte. Par contre, je ne comprends pas pourquoi seuls certains articles s’affichent… Leur lecture s’effectue via l’ouverture d’un navigateur, les images s’affichent et les liens hypertextes fonctionnent renvoyant sur les articles connexes.

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Vraiment, c’est je trouve le gros plus de cette liseuse, la fonctionnalité qui fait vraiment la différence.

La Kobo présente d’autres « gadgets » regroupés dans l’onglet Suppléments, comme les statistiques, les trophées ou récompenses… mais bon, j’en vois pas trop l’intérêt…

Concernant le téléchargement de livres, il peut donc se faire (difficilement) via la Kobo, ou alors :

- via le Kobo Desktop qui reprend peu ou prou les paramètres de la liseuse, et qui, disons-le sans ambages, plante systématiquement, ce qui en fait une bonne daube.

- sur le site officiel Kobo où le tri n’est pas super performant non plus, mais au moins on peut trier par auteur, langue… Par contre, toujours pas d’accès direct aux gratuits.

- sur le site de la Fnac, où on achète les livres numériques comme les vrais, en passant par l’identifiant, le panier etc. Les eBooks sont présentés comme les livres papiers, on s’y retrouve donc plus facilement, et là, on a accès aux livres gratuits directement (mais il n’est pas simple de s’y retrouver quand même…)

- sur d’autres sites proposant des livres gratuits par exemple, car j’ai cru comprendre que la Kobo lisait des livres numériques d’un format ouvert s’appelant ePub. Cela dit, j’ai pas exploré la chose à fond, et ça n’a pas l’air si simple qu’il y parait. Il faudrait installer le logiciel Calibre, puis synchroniser le bazar… Bref, là, chais pas.

Avant de conclure, il y a un point qui me chagrine quand même pas mal sur cette Kobo : le fait qu’elle plante systématiquement après une mise en veille, au niveau de la connexion wi-fi. Impossible de se reconnecter même en rentrant les mots de passe indigestes genre clés WEP/WAP etc à 15 000 chiffres et lettres (consonne… voyelle… zzzzz…..). La seule option est d’éteindre puis de rallumer la liseuse. C’est quand même bien gonflant.

Pour résumer, la Kobo Aura m’a séduite pour/par :

  • son look terrible, c’est vraiment un bel objet
  • sa définition : l’écriture, les images, sont vraiment nettes, lisses
  • sa simplicité d’utilisation
  • ses divers réglages (police, interlignes…) pour s’adapter à tous les lecteurs
  • la fonctionnalité Pocket qui permet de lire des articles de blogs sur la liseuse

Cela étant, il y a deux points essentiels qui me gavent profondément :

  • le fait qu’elle plante systématiquement la connexion wi-fi après chaque mise en veille
  • le foutoir présent dans la Librairie qui fait que je ne trouve rien de ce que je cherche. C’est pour ceci que j’estime que cette liseuse est particulièrement destinée aux lecteurs qui aiment flaner dans les librairies, se laisser guider par un libraire, une couverture… ceux qui fonctionnent au coup de coeur… Par contre, pour moi qui ait des idées bien définies, des goûts très arrêtés sur ce que je veux lire, ce n’est pas pratique.

Finalement, pour tout ceci, je donnerai la note de 16/20 à cette liseuse.

Et toi, lecteurtrice, tu l’as essayée ? T’en penses quoi ?

(ah oui, au fait, un ENORME merci à Price Minister pour ce magnifique cadeau, et à Stephie de Mille et une frasques qui a sélectionné ma critique !)

« La lettre à Helga » de Bergsveinn Birgisson

Les livres ont ceci de merveilleux qu’ils réservent toujours des surprises.

Celle-ci a commencé avec une simple couverture.

Quand j’ai dû faire mon choix parmi la sélection des livres de la rentrée littéraire chez Price Minister, eh ben contrairement à l’an dernier, j’ai quand même eu du mal à trouver mon bonheur. Cette année, point de blockbuster attendu comme le JK Rowling sans le petit Potter, fi de chroniques poétiques comme le fabuleux « Parfums » de Philippe Claudel ou de textounets sympathoches comme ceux de Delerm, mais que des histoires d’amour, des « je-te-raconte-ma-vie-remplie-de-malheurs » dont je n’ai strictement rien à foutre…

Quand je parcourais la liste des bouquins, à la lecture des titres et des auteurs, résonnait dans ma caboche comme un mantra : « Chiant – chiant – chiant, glauque-glauque-glauque… »

Cela étant, comme à cheval donné on ne regarde point les dents mais quand même un petit peu, je me suis dis en mon for intérieur à gauche au bout du couloir : « Allez, refais un tour de la liste, y’en a bien un qui va sortir du lot ! »

Et effectivement, comme la 1ère fois que j’ai parcouru cette liste, un ouvrage m’a tiré les yeux, grâce à sa couverture, d’une simplicité déroutante mais d’un pouvoir attractif énorme.

Je me suis alors intéressée d’un peu plus près à la bête…

144 pages ? Ben au moins si c’est chiant, j’aurais pas à me cogner 680 pages inter-minables comme l’an dernier avec « Une place à prendre »

Un truc qui vient du Nord ? Ca peut pas être tout pourri, j’aime bien les auteurs qui viennent du froid comme Arto Paasilinna, Camilla Läckberg, Stieg Larson, Lars Kepler, Juri Adler Olsen. Et au moins, à défaut d’être intéressant, ce sera dépaysant voire instructif.

Et puis les quelques critiques lues rapidement ici et là n’en disaient que du bien.

Allez, le choix était fait !

Quelques temps plus tard, le petit opuscule comment veux-tu comment veux-tu que je t’en parle est arrivé.

Et sa couverture m’a d’emblée emballée, tout comme la qualité du papier, un peu texturé, gros, rustique…

J’ai alors fini mon livre en cours (l’excellent « Les anonymes » de R.J. ELLORY) avant d’attaquer cette « Lettre à Helga », m’encourageant en me disant que ça me reposerait des salopards de la CIA et de mes céréales killers habituels.

Car tu comprends, une histoire d’amour, pour moi, excepté si elle est signée Jane Austen, est forcément synonyme de chiante.

C’est ainsi que j’attaquai, avec un léger je-m’en-foutisme, la lecture de cette lettre que « Bjarni Gislason de Kolkustadir » adresse « à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible. »

Et là, paf ! Dès les premières lignes, on a la certitude que ce ne sera pas qu’une simple lettre d’amour. Je te laisse juger sur pièces :

« Chère Helga,

Certains meurent de causes extérieures. D’autres meurent parce que la mort depuis longtemps soudée à leurs veines travaille en eux, de l’intérieur. Tous meurent. Chacun à sa façon. Certains tombent par terre au milieu d’une phrase. D’autres s’en vont paisiblement dans un songe. Est-ce que le rêve s’éteint alors, comme l’écran à la fin du film ? Ou est-ce que le rêve change simplement d’aspect, acquérant une autre clarté et des couleurs nouvelles ? Et celui qui rêve, s’en aperçoit-il tant soi peu ?« 

Donc on a Bjarni, un bon vieux paysan, qui, après la mort de sa femme Unnur, écrit à Helga, son grand amour de tous les temps. Ca pourrait être parfaitement banal si cette histoire d’amour ne se passait en Islande, dans le milieu rural et rude des éleveurs de moutons, rudesse rappelée au fil des pages par la rusticité du papier dont je te causais plus haut…

Au fil des pages, au gré de la déclaration d’amour de Bjarni à Helga, au gré de scènes érotiques sentant le foin et le stupre, « l’odeur d’urine lourde et douce » comme lors de leur première fois dans la grange, qui fait dire à Bjarni « J’eus le coeur serré cette nuit-là ; je reconnaissais assurément avoir trompé ma chère Unnur et c’était moche – mon corps le savait. Mais j’avais pu glisser un oeil par l’embrasure du paradis.« 

Donc, disais-je, on se rend compte qu’il s’agit plus d’une déclaration d’amour à sa terre, à l’Islande, ses volcans, ses verts pâturages, la rudesse de son climat, neige et vent mêlés, qui mènent à des anecdotes hilarantes.

Comme celle de la vieille, morte par un froid si grand qu’il fut impossible de l’enterrer – la gnôle censée apaiser le chagrin du veuf aidant aussi – et qui, en attendant les funérailles, fut conservée… au fumoir ! Et qui embaumait « comme le meilleur des gigots fumés », et dont cet état fit dire aux comparses de Bjarni qu’elle n’a « jamais eu si bonne mine » !

Franchement, des histoires d’amour où on se fend la gueule, y’en a pas des tonnes ! Là, c’est cafi d’anecdotes savoureuses sur la vie à la campagne, qui me rappellent celles que ma mémé – et aujourd’hui mon père raconte sur la vie dans nos villages dans les années 50-60… Un peu comme dans « Les vieux de la vieille », quoi !

C’est que cette histoire d’amour est ancrée dans la vie, la vraie, celle qui est dure, qui n’épargne personne, celle qui est sale, qui pue… Jamais histoire d’amour n’aura autant compté le mot « pisse » dans ses lignes ! (pisse qui servait à traiter la laine des moutons, rien de scabreux)

On est loin des intrigues pseudo-existentialistes intello-bobo-chiantes de nos contemporains. Là, on ne se prend pas la tête : on fait. On fait des choix qu’on assume même si on est malheureux (lâcheté ou courage ?), car il faut choisir, on ne peut pas tout avoir. Ce qui fait dire à Bjarni cette phrase magnifique (le livre en est rempli, de ces phrases si belles et tellement bien écrites…) : « J’ai fantasmé pour combler les lacunes de mon existence, compris que l’être humain peut faire de grand rêves sur un petit oreiller. » Bjarni qui aurait tout fait par amour pour Helga, sauf une seule chose : renoncer à lui-même. Ca parait tellement évident, une telle sagesse…

Contemporains, et surtout citadins qui, en prennent un grand coup au passage ! Car cette lettre, donc, outre la déclaration d’amour à une femme, à une terre sauvage, est aussi un critique virulente de la société de consommation, un brûlot anticapitaliste gauchiste plein de bon sens franchement rassérenant, comme quand il démonte le mythe de Sisyphe de Kierkegaard grâce au bon sens paysan ancré dans la réalité vs la bêtise citadine et sa vie vaine.

On a également droit à une vision terre-à-terre de la Religion (si si, c’est possible), tout comme à une réflexion concernant la « saloperie humaine » illustrée par le comportement de Christophe Colomb vis-à-vis des Indiens.

Ce livre, à la grande portée philosophique et humaniste, m’a profondément parlé, à moi, la campagnarde qui a peur de la ville, qui n’aime pas la foule, qui n’aime pas la promiscuité. A moi, la fille de presque 40 ans qui se sent mal à l’aise dans son époque malgré son amour immodéré pour la technologie, n’aime pas ses contemporains, ne se sent pas en phase avec les gens de son âge et dont deux des meilleurs amis ont 59 et 60 ans… Et sont reposants, n’ont plus rien à prouver à la vie, plus de combats à mener, sont comme apaisés et ne se prennent la tête… Tout comme j’essaie de le faire au quotidien, tout comme Bjarni qui « fait » au lieu de tergiverser sans cesse…

Bref, au-delà d’une histoire d’amour qu’on ne saurait dire si elle est magnifique, terrible ou tragique, Bergsveinn BIRGISSON nous livre un condensé de sagesse, du bon sens du simple, du juste. Une déclaration d’amour à la Nature, à sa terre sauvage, un réquisitoire contre l’absurde régissant nos vies de surconsommateurs de cette société capitaliste et individualiste, avec des gens qui s’oublient au passage, contrairement à ces hommes-là qui « avaient eux-même forgé le sens qu’ils donnaient à leur vie.« 

Note pour les matchs Price Minister : 17/20

« La lettre à Helga »

Bergsveinn Birgisson

Editions Z